«Le salariat féminin, c'est le prolétariat d'aujourd'hui et leurspréoccupations ne sont prises en compte par personne (...) C'est dema responsabilité de réagir», a promis devant la presse lacandidate du PS, ardente féministe, empruntant à la rhétorique del'extrême gauche. Et de dénoncer le fait que «70% des travailleurspauvres sont des femmes!»
Ségolène Royal a donc prévenu: si elle est élue, elle engagera un«rapport de force» avec la grande distribution, accusée devouloir remplacer ses caissières par des caisses automatiques etd'être engagée dans «une logique d'élimination des salariés».«Une société ne peut pas accepter une espèce de fatalité de laréduction des emplois due au progrès technologique, (qui) n'a pas àêtre freiné (mais) saisi comme une chance», a-t-elle tempêté.
«De l'argent, il y en a!», a-t-elle lancé. Et d'évoquer«l'insolente» retraite-chapeau de 38 millions d'euros«empochée» par l'ancien PDG de Carrefour Daniel Bernard, soit«l'équivalent de 2.500 emplois payés au SMIC», ou encore lahausse de 58% des bénéfices de la grande distribution. «Lorsqu'onfait autant de bénéfices, non seulement on ne doit pas supprimerd'emplois, mais on doit en créer!».
Une croisade aussitôt mise en musique dans un supermarché Champion(groupe Carrefour) du XIIIe arrondissement de Paris. L'occasion, àquatre jours du premier tour, d'aborder les thématiques qui luisont chères: la rénovation du dialogue social, les femmes, la viequotidienne, la famille, la répartition entre capital et travail.
Escortée d'une nuée de journalistes, la candidate du PS s'estarrêtée devant une caisse automatique, avant de filer au rayonsurgelés, puis de discuter avec une caissière, Barbara, «980 eurosnets par mois».
«Vous soulevez combien de kilos à la fin de la journée? Vous avezmal aux yeux? Mal au dos? Ils sont agressifs les clients?»,s'enquiert Ségolène Royal en aidant même une dame franchementinterloquée à emballer ses achats. «Pour certains, on est desmachines», soupire Barbara, «on commence caissière, on finitcaissière...»
Surgit le directeur des ressources humaines de Champion France,Marc Veyron, «ravi» d'accueillir cette hôte de marque. «C'est unbeau magasin, mais il y a beaucoup à faire sur l'emploi. Je vienssurtout voir les caissières», lâche-t-elle, avant de le planterlà.
Devant les journalistes, Ségolène Royal expose ses propositions.Face à la mécanisation, «il faut anticiper» et «créer denouvelles activités» dans les grandes surfaces, dit-elle,proposant que les caissières deviennent vendeuses en rayon, aidentles seniors à «porter leurs paquets» ou tiennent deshalte-garderies dans les centres commerciaux. «Il n'y a qu'enFrance qu'on est obligé, quand on a besoin d'un vendeur, d'attendreun quart d'heure!»
Surtout, la prétendante à l'Elysée attend des grandes surfacesqu'elles s'engagent dans une discussion avec les partenairessociaux sur le temps partiel subi, l'accès à la formation, lapénibilité, les horaires ou encore les salaires. «Les discussionsentre partenaires sociaux seront obligatoires, il y aura uneobligation de résultats».
Les allégements de cotisations seraient soumis au résultat de cesdiscussions. De même, «les entreprises qui licencient et font desprofits devront rembourser l'ensemble des aides publiques»,notamment les allégements de charges sur les bas salaires. Elle aaussi menacé de réviser la loi Raffarin de 1996. Cette dernière,qui a durci les conditions de création de supermarchés, a réduit laconcurrence et contribué à entraîner «une hausse des prix»,a-t-elle dénoncé.


PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a demandé que le groupe Lagardère et Noël Forgeard remboursent à Airbus les plus-values réalisées sur des cessions de titres EADS et l'exercice de stock-options avant la chute du titre au printemps 2006. 
